
Émilie Chauchat
Emploi: mère, femme de M. Chauchat (petit boutiquier)
Classe sociale : bleu
Le 6 octobre 1943
Je suis angoissée. Les allemands viennent de faire une inspection de notre maison. Ils ont presque découvert notre secret, caché au sous-sol…
Depuis trois semaines on aide un soldat américain qui avait mal calculé son objectif en tombant de son avion. Il est venu chez nous tout seul en cherchant une cachette pour ne pas être trouvé par les allemands. Henri ne voulait pas l’accueillir mais il était blessé et il fallait faire quelque chose. Mon mari avait raison en disant qu’on prenait un grand risque ; on n’aide pas l’ennemi des nazis quand ils nous occupent. S’ils trouvent qu’on accueil un américain je sais qu’on sera tué. Mais qu’est-ce que je pouvais faire ? Quand je lui ai vu j’ai pensé immédiatement à Charles. Je pense qu’ils ont le même âge…
Mon pauvre fils, ca fait un mois depuis la dernière fois que j’ai reçu une lettre. Que fait-il à ce moment ? Est-ce qu’il est en sécurité ? Qu’il n’était pas si courageux… « Maman je suis homme et il faut que je me battes ! » O comme j’ai pleuré quand il m’a quitté. Grâce à Dieu que j’ai un nouveau projet en cet américain. Je m’occuperai de lui comme s’il était mon Charles. Je ne lui comprends pas mais je sais qu’il a une maman aussi et qu’elle lui manque… et je sais qu’il est reconnaissant – il ne faut pas parler la même langue pour comprendre ça.
Mais c’est très difficile de lui cacher, surtout à cause des restrictions de la nourriture. Il faut rationner nos petits provisions ; on ne peut pas demander plus de nourriture parce qu’on alertera les nazis que ce n’est plus seulement Henri et moi. C’est vraiment compliqué et on a toujours faim.
Au même temps, on a de la chance. On reste en vivant. Je n’attends que la fin de la guerre et le retour de mon fils.



